De manière intuitive, nous savons tous que le sommeil est un facteur essentiel de santé et de bien-être. Pourtant, nous dormons à notre époque 1,5 heure de moins par jour qu’en 1950 et il n’est pas rare de rencontrer des personnes dont les nuit de sommeil sont inférieures à 5 heures. Bien que les horloges internes puissent varier d’une personne à une autre et que la complexité des interactions en jeu ne soient pas encore totalement comprises par la science, il semblerait que 90% des gens aient besoin en moyenne de 8 heures de sommeil par jour pour être en forme.

En 2013, l’Institut National de Prévention et d’éducation pour la Santé a pointé dans un de ses rapports que 25% des adolescents dormaient moins de 7 heures par nuit et que 30% des jeunes adultes étaient en dette chronique de sommeil. En plus des problèmes de somnolence diurne, de fatigue et d’irritabilité que cela provoque, la dette de sommeil est néfaste au bon fonctionnement de l’organisme.

LES EFFETS DU MANQUE DE SOMMEIL SUR L’ORGANISME

1) Les effets sur la cognition

Pendant le sommeil, le cerveau ne s’arrête pas de fonctionner ; certaines parties sont mêmes plus actives. Lorsque nous dormons, il se produit un phénomène de remodelage synaptique au niveau des neurones qui tel un traitement de données permet de consolider la mémoire et de finaliser les processus d’apprentissage engagés dans la journée. Comme le dit le proverbe “la nuit porte conseil” : elle améliore la capacité à solutionner des problèmes, augmente la créativité et améliore l’humeur en diminuant l’irritabilité.

2) Les effets sur les mécanismes de récupération et de restauration

Certains gènes régulant les mécanismes de récupération et de restauration ne s’activent que lorsque nous sommes endormis. Par exemple, environ 70% de la totalité de l’hormone de croissance est sécrétée pendant le sommeil. De nature anabolique, cette hormone aux multiples fonctions intervient entre autres dans la régulation des métabolismes protéique, lipidique et glucidique :
– elle augmente le transport des acides aminés libres du plasma vers la cellule et par l’intermédiaire de l’activation des ribosomes améliore la synthèse protéique, diminuant par la même occasion le catabolisme des acides aminés,
– elle mobilise les réserves lipidiques en augmentant la quantité d’acides gras libres dans le plasma qui seront utilisés à des fins énergétiques,
– elle élève la glycémie et inhibe l’oxydation des glucides dans les tissus.

Par son action sur le foie à travers la production d’une autre hormone appelé IGF, l’hormone de croissance stimule de manière indirecte la chondrogénèse (formation du cartilage osseux) et l’ostéogénèse (formation de cellules osseuses).

3) Effet sur la santé de l’individu

Le manque de sommeil entraîne une diminution de la concentration sanguine de leptine, qui est l’hormone de régulation de la satiété. En réponse à cette diminution, l’organisme va augmenter le taux de ghréline, l’hormone antagoniste responsable de la sensation de faim, ce qui va stimuler l’appétit et surtout en faveur d’aliments très caloriques riches en graisses et en sucre. De nombreuses études ont démontré que le manque de sommeil augmentait l’insu-lino-résistence des  cellules, ce qui un facteur majeur de la prise de poids et du développement du syndrome métabolique (diabète de type II, hypertension artérielle, troubles cardio-vasculaires, dyslipidémie).

Le manque de sommeil engendre également un sécrétion plus important des hormones du stress,, notamment le cortisol, pour pouvoir rester éveillé. Ces hormones affectent l’humeur, la vigilance, l’irritabilité et encouragent la consommation de sucres, de stimulants comme la caféine, la nicotine ou autres drogues. À terme, elles peuvent favoriser le développement de cancers en raison des radicaux libres qu’elles produisent dans l’organisme par leur action catabolisante.

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